INTERMEDIATE B1 : A quoi ressemblerait un monde végan ?

C’est un fait connu, la consommation excessive de viande est mauvaise pour l’environnement au regard de son bilan carbone, mais si demain tout le monde devenait végan, quelles seraient les conséquences sur les humains et la planète ?
(Le Monde.fr)

Avant de visionner le reportage, imaginez quelles vont être les réponses apportées à la question-titre « Que se passerait-il si tout le monde était végan ? ».

Visionnez la vidéo* du Monde : Que se passerait-il si le monde était végan ? 

*Transcription à la fin de l'article



Questions de compréhension orale
  1. Quelle est la définition d’un végan ?
  2. Énumérez et résumez les 4 réponses à la question du titre données dans le reportage.
  3. Expliquez le propos de la porte-parole de l’association L. 214, Brigitte Gothière (quatrième réponse).
  4. Quel statut Will Kymlicka souhaite-t-il donner aux animaux ?


Production orale
  1. Que pensez-vous du végétalisme en général ?
  2. Suivez-vous un régime particulier ? Existe-t-il une tendance alimentaire particulière dans votre pays ?
  3. Quels arguments en défaveur du végétalisme pourrait-on donner ?
  4. Est-il important de légiférer davantage sur la question animale (conditions de vie dans les élevages, les abattoirs, etc) ?


Grammaire

  • Que se passerait-il si tout le monde était végan ?
  • Si demain, tout le monde devenait végan, quelles seraient les conséquences pour la planète et les humains ?
  1. Observez les questions ci-dessus. A quels temps sont conjugués les verbes dans ces questions ? Pourquoi ?
  2. La structure « Si + imparfait — > conditionnel présent » permet d’exprimer une hypothèse irréalisable. Créez d’autres phrases sur le même modèle. Exemple : Si toute la population devenait végan, les producteurs ne s’occuperaient plus des animaux de ferme.

ATTENTION, on n’emploie jamais le conditionnel après SI.

Production écrite

Vous écrivez aux lecteurs du journal Le Monde. Vous donnez votre avis sur la vidéo et le végétalisme en général.



Lisez la transcription ici:

Transcription – A quoi ressemblerait un monde vegan.docx
(source : Le Monde)

 "Merguez de tofu, œufs à base d’algue, fromages de noix de cajou fermentés, nuggets de protéine de blé. Tous les produits de cette superette s’adressent en priorité à un type de clients : les végans. C’est-à-dire des gens qui ne consomment rien qui soit issu des animaux ou de leur exploitation. Pas de viande, de poisson, de produits laitiers, d’œufs ou même de miel. Pas question non plus d’acheter cuir, fourrure, laine, soie, cosmétiques ou médicaments testés sur des animaux. Pour l’instant, cette tendance concerne une petite minorité de la population. Mais qu’en serait-il si les 7 milliards d’habitants de la planète étaient végans ?
Premièrement, les émissions de gaz à effet de serre diminueraient drastiquement. Dans le monde, presque 15% de ces émissions sont dûes à l’élevage. C’est plus que tous les avions, voitures, trains et bateaux de la terre réunis. Selon une simulation réalisée par l’université d’Oxford, si toute la population du monde était végan, les émissions de gaz à effet de serre liées à notre alimentation diminueraient de 70%.

Deuxièmement, il y aurait beaucoup plus de terres à cultiver pour l’homme. Pour arriver à maturité, les bêtes d’élevage sont nourries avec des végétaux, beaucoup de végétaux. On estime qu’en moyenne, pour produire une calorie de viande, il faut dépenser 7 calories végétales. Si tout le monde était végan, les terres cultivées pour nourrir les animaux pourraient être cultivées pour nourrir directement les humains. Elles permettraient donc de nourrir plus d’humains.
Troisièmement, cela serait bénéfique pour les pays riches mais pas forcément pour les pays pauvres. Si on en croit la simulation réalisée par l’université d’Oxford, un régime végan généralisé permettrait de réduire drastiquement les maladies cardio-vasculaires, le diabète et certains cancers. Ainsi, 8 millions de vies pourraient être sauvées chaque année, la plupart dans les pays du nord, où ces maladies sont le plus répandues. Dans les pays pauvres du sud en revanche, quelques 2 milliards de personnes souffrent déjà de malnutrition, voire de famine. Supprimer les sources de protéines animales les priverait d’une source de nutriments essentiels, difficiles à remplacer.

Quatrièmement, beaucoup d’animaux mourraient. Par exemple, dans un monde végan, on ne consommerait plus de miel. Donc, il n’y aurait plus d’apiculteurs. Or sans apiculteurs, les abeilles mammifères seraient directement exposées aux parasites et ne pourraient pas trouver suffisamment de nourriture. Résultat, il y aurait beaucoup, beaucoup moins d’abeilles. De même, les vaches, les poules, les cochons seraient livrés à eux-mêmes et pour beaucoup, ils ne survivraient pas. Mais ce n’est peut-être pas si grave. « C’est des animaux qui ont été calibrés, les poulets pour produire davantage de viande, les cochons c’est pareil, les poules pondeuses optimisées pour pondre des œufs. C’est des animaux qu’on a fabriqué. Bien sûr, y’en aura beaucoup moins, puisqu’aujourd’hui on les fait naître exprès, souvent par insémination artificielle pour les tuer ». Quoiqu’il en soit, ces espèces ne s’éteindraient pas complètement. Elles vivraient probablement en bien plus petit nombre, peut-être dans des refuges comme celui-ci qui recueille des animaux échappés ou exfiltrés des élevages et des abattoirs.
Reste une question. Dans un monde où on ne consomme plus les animaux, quel statut leur donner ? C’est précisément la question à laquelle plusieurs philosophes réfléchissent aujourd’hui. Dans leur essai « Zoopolis », Will Kymlicka and Sue Donaldson proposent ainsi de donner aux animaux un statut juridique comparable à celui des enfants, ou des personnes en situation de handicap. « Tous les animaux domestiques sont capables d’avoir des relations sociales avec nous. Ils n’auraient pas pu être domestiqués s’ils n’avaient pas appris à nous faire confiance, à exister à nos côtés, à communiquer avec nous, à comprendre des règles partagées. Nous pensons que nous devons nous appuyer sur ces capacités pour construire nos relations avec tous les animaux domestiques. » Les poules ou les canaris ne seraient plus considérés comme une propriété mais comme des membres à part entière de la société disposant de droits comme l’accès aux soins médicaux ou la liberté de circuler par exemple. "